VENT ET RELIEF suite

VENT ET RELIEF suite
L'air chaud sur l'eau

Lorsque la journée est belle et qu'il fait très chaud, dans l'après-midi ou en début de soirée l'air se réchauffe sur la terre. Lorsqu'il arrive au contact de l'eau froide, il est ralenti dans les premières centaines de mètres. Il faut généralement un contraste thermique élevé pour que ceci se vérifie ; c'est pourquoi on l'observe plus souvent dans des régions où l'eau est froide. En 1986, toujours lors du Tour de France à la Voile, le départ de la manche Saint-Nazaire -Les Sables d'Olonnes était donné en fin d'après-midi. Le parcours imposait d'aller virer une bouée au large d'Hoedic : il fallait donc longer la côte sud de la Bretagne. Le vent était nettement plus fort à la côte qu'au large et à chaque fois qu'un concurrent tirait un bord à terre, il avait plus de vent ; cela était net car les équipiers faisaient du rappel, ce qui n'était pas le cas 400 mètres plus au large. Le vent encore très chaud à terre, était ralenti par l'eau froide.

Le vent chaud à terre est ralenti par l'eau froide

Sans entrer dans des explications techniques, il faut savoir que lorsque le fond de l'air est chaud, que le vent souffle de terre et que l'eau est froide, il risque d'y avoir plus de vent à la côte.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 13:07

VENT ET RELIEF suite

VENT ET RELIEF suite
Que ce soit au près ou au vent arrière, il est intéressant d'aller chercher l'accélération et la bascule de vent en passant près du cap, en prenant garde cependant à ne pas tomber dans la zone de dévent s'il y en a une. Sur la figure de droite, le voilier bleu tire le bord à terre alors que le voilier rouge opte pour le bord au large. A force de vent égale, le voilier bleu tire deux bords plus avantageux que le rouge. Il a un vent plus adonnant que le rouge sur chaque bord : il arrive en tête. Si en plus, le vent est accéléré à proximité du cap, il aura une belle avance.

Lorsque le vent a une trajectoire courbe, il faut, au près, toujours tirer en premier le bord vers l'intérieur de la courbe. Le vent refuse d'abord. Il adonnera sur le deuxième bord. Accepter ce refus dans un premier temps n'est pas toujours facile car ce n'est qu'en final que l'on touche les dividendes de l'option.


La règle est identique au vent arrière lorsque le vent décrit une trajectoire courbe, il faut d'abord tirer le bord vers l'intérieur de la courbe. Ainsi, sur la figure de gauche, le voilier bleu qui tire le bord à terre en premier bénéficie d'un vent plus refusant sur les deux bords que le rouge qui a choisi le large. Il arrive en tête à la bouée.

Comme au près, il convient dans un premier temps d'accepter un vent moins favorable (plus adonnant en l'occurrence) mais qui permettra de gagner par la suite.

En régate, il suffit donc de se souvenir d'une règle simple : lorsque le vent décrit une courbe, il faut toujours tirer le bord qui est orienté vers l'intérieur de la courbe en premier, que ce soit au près ou au vent arrière.

Le vent décrit souvent une courbe en contournant un cap ou une île. Certains passages sont connus. Le cap Sicié par vent d'ouest bien établi en est un exemple. En venant de Hyères et en allant vers Bandol, il faut passer le plus près possible du cap. Ce sont les premiers bateaux à la côte sous le vent du cap qui seront en tête à l'arrivée. Laurent Delage a ainsi gagné une étape du Tour de France à la voile devant Angers en 1986. La Villette, en tête de la flotte à 5 milles du cap Sicié ne terminait que 5ème, de la manche pour avoir tiré un contre-bord de 200 mètres. Encore une fois, il n'existe aucune recette permettant de gagner à tous les coups. Il importe avant tout de bien comprendre ces phénomènes et d'observer les autres bateaux, les risées sur l'eau, afin d'en tirer parti le mieux possible.

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 13:03

VENT ET RELIEF suite

VENT ET RELIEF suite
Dans certains cas, le vent semble bien animé d'un mouvement ondulatoire, avec pour résultat d'offrir des zones ventées et d'autres pas sous le vent de certains reliefs élevés . Il faut alors regarder ce que font les concurrents et surtout la surface de l'eau qui renseigne sur le vent qui souffle.




La leçon à retenir est qu'il n'est pas toujours nécessaire de contourner par le large un relief élevé lorsque le vent souffle de la côte. Il arrive qu'il y ait du vent au pied de ce dernier.

Les îles et les presqu'îles

Le vent est souvent dévié par un cap ou une île, surtout s'ils sont assez hauts. Dans la partie ouest du Solent par exemple, entre l'île de Wight et la côte anglaise, par vent de secteur ouest, le vent souffle souvent du 240/250. Il est canalisé entre l'île et la terre, l'écoulement se faisant généralement par le chemin le plus facile.


Cela se vérifie dans de nombreux estuaires ou entre certaines îles et la côte, le vent ayant tendance à suivre ces "chenaux aériens". Il en va de même lorsque le vent doit contourner un cap. Ce dernier le dévie généralement, déviation souvent accompagnée d'une accélération. Le phénomène est d'autant plus vrai que le cap est élevé. Les régatiers du TFV l'observent fréquemment en Méditerranée.


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 12:52

VENT ET RELIEF suite

VENT ET RELIEF suite
Le vent de terre

Lorsqu'on navigue sous le vent d'une falaise ou d'un relief élevé, c'est à dire avec un vent de terre, les situations sont généralement beaucoup plus confuses. On peut constater un dévent sur une distance variant de quelques centaines de mètres à plusieurs milles avec des vents plus faibles et confus dans cette zone.


Néanmoins, ce dévent est presque toujours présent au pied d'une falaise. Par contre, si la pente du relief n'est pas verticale, il arrive assez fréquemment qu'il y ait du vent dans les premiers mètres au bord de l'eau (figure 4). Voir la Half Ton Cup, disputée en 1984 en Ecosse. Il fallait contourner par le sud une petite île très haute : certains skippers décidaient de faire le grand tour ; d'autres, tels celui d'EJP2 voyant des rides sur l'eau au pied des falaises, choisissaient de couper au plus court. Bien leur en a pris, puisque le vent soufflait par rafales sous le vent de l'île sur les 100 ou 200 premiers mètres. En revanche, ceux qui avaient recherché le compromis entre les deux solutions figuraient, en principe le soir au rang des grands perdants... C'est au milieu, en effet, que le vent était le plus faible.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 12:51

VENT ET RELIEF suite

VENT ET RELIEF suite
Vent du large convergeant avec une falaise


Dans ce cas, plusieurs hypothèses se présentent : soit le vent marque un angle important avec la falaise, ce qui correspond au cas précédent ; soit il fait un angle moindre, comme sur la figure 2. Il peut alors y avoir une accélération du vent le long de celle-ci. Dans ces conditions, il devient intéressant de se rapprocher de la falaise afin de tirer profit de cette accélération.

Il n'est toutefois pas possible de donner une règle permettant de connaître la distance à laquelle "l'effet de la falaise" se fait sentir. Trop de paramètres, tels que la stabilité de l'air, la hauteur de la falaise, la force du vent... interviennent. Cependant, il n'est pas rare de voir ces effets se manifester à plusieurs centaines de mètres, voire plusieurs kilomètres, au vent du relief.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 12:48