Que ce soit au près ou au vent arrière, il est intéressant d'aller chercher l'accélération et la bascule de vent en passant près du cap, en prenant garde cependant à ne pas tomber dans la zone de dévent s'il y en a une. Sur la figure de droite, le voilier bleu tire le bord à terre alors que le voilier rouge opte pour le bord au large. A force de vent égale, le voilier bleu tire deux bords plus avantageux que le rouge. Il a un vent plus adonnant que le rouge sur chaque bord : il arrive en tête. Si en plus, le vent est accéléré à proximité du cap, il aura une belle avance.
Lorsque le vent a une trajectoire courbe, il faut, au près, toujours tirer en premier le bord vers l'intérieur de la courbe. Le vent refuse d'abord. Il adonnera sur le deuxième bord. Accepter ce refus dans un premier temps n'est pas toujours facile car ce n'est qu'en final que l'on touche les dividendes de l'option.
La règle est identique au vent arrière lorsque le vent décrit une trajectoire courbe, il faut d'abord tirer le bord vers l'intérieur de la courbe. Ainsi, sur la figure de gauche, le voilier bleu qui tire le bord à terre en premier bénéficie d'un vent plus refusant sur les deux bords que le rouge qui a choisi le large. Il arrive en tête à la bouée.
Comme au près, il convient dans un premier temps d'accepter un vent moins favorable (plus adonnant en l'occurrence) mais qui permettra de gagner par la suite.
En régate, il suffit donc de se souvenir d'une règle simple : lorsque le vent décrit une courbe, il faut toujours tirer le bord qui est orienté vers l'intérieur de la courbe en premier, que ce soit au près ou au vent arrière.
Le vent décrit souvent une courbe en contournant un cap ou une île. Certains passages sont connus. Le cap Sicié par vent d'ouest bien établi en est un exemple. En venant de Hyères et en allant vers Bandol, il faut passer le plus près possible du cap. Ce sont les premiers bateaux à la côte sous le vent du cap qui seront en tête à l'arrivée. Laurent Delage a ainsi gagné une étape du Tour de France à la voile devant Angers en 1986. La Villette, en tête de la flotte à 5 milles du cap Sicié ne terminait que 5ème, de la manche pour avoir tiré un contre-bord de 200 mètres. Encore une fois, il n'existe aucune recette permettant de gagner à tous les coups. Il importe avant tout de bien comprendre ces phénomènes et d'observer les autres bateaux, les risées sur l'eau, afin d'en tirer parti le mieux possible.